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Les eaux thermales du territoire CARUSO : nouveaux résultats sur leur potentiel pour les soins de la peau

Le projet CARUSO poursuit la valorisation scientifique des ressources naturelles du territoire POCTEFA, avec pour objectif d’identifier des ingrédients d’origine naturelle susceptibles de contribuer au développement de produits dermocosmétiques innovants, durables et fondés sur des preuves scientifiques. Dans ce contexte, l’Université de Saragosse a évalué les propriétés bénéfiques pour la peau de différentes eaux thermales provenant des stations de Bagnères de Bigorre, Argelès-Gazost, Barèges, Barzun et Alhama de Aragón.

La peau agit comme une barrière essentielle face à l’environnement, mais elle est soumise en permanence à des facteurs tels que le rayonnement ultraviolet, la pollution, le vieillissement ou les processus inflammatoires. Tous peuvent favoriser le stress oxydatif et la dégradation de composants clés de la matrice extracellulaire, comme le collagène et l’acide hyaluronique, impliqués dans la fermeté, l’élasticité et l’hydratation cutanée. Il est donc particulièrement intéressant d’étudier des ressources naturelles capables d’aider à protéger la peau et à maintenir son équilibre fonctionnel.

Dans l’étude menée à l’Université de Saragosse, le potentiel dermocosmétique de ces eaux thermales a été analysé au moyen d’essais d’activité antioxydante et de tests visant à évaluer leur capacité à inhiber des enzymes liées à la dégradation de la matrice extracellulaire, en particulier la collagénase et l’hyaluronidase. Ces essais permettent d’estimer si les échantillons peuvent contribuer à protéger le collagène cutané et favoriser le maintien d’une peau plus hydratée, résistante et saine.

Les résultats les plus remarquables ont été observés pour l’activité anti-collagénase. Les eaux thermales de Barèges et d’Argelès-Gazost ont présenté les pourcentages d’inhibition de la collagénase les plus élevés, avec des valeurs proches de 50 %. L’eau d’Alhama de Aragón s’est également distinguée, avec une activité significative par rapport au contrôle. En revanche, les eaux de Bagnères de Bigorre et de Barzun ont montré une activité plus modérée et plus variable entre les réplicats.

Ces résultats sont particulièrement pertinents, car la collagénase participe à la dégradation du collagène, une protéine fondamentale pour la structure et la fermeté de la peau. Une inhibition plus importante de cette enzyme peut être interprétée comme un possible effet protecteur contre la perte de collagène associée au vieillissement cutané et aux agressions environnementales.

Concernant l’activité antioxydante, les eaux thermales ont présenté une activité plus modérée. Néanmoins, les résultats suggèrent que certains échantillons, comme Barzun et Barèges, pourraient montrer une certaine capacité antioxydante, ce qui renforce l’intérêt de ces eaux comme ingrédients complémentaires dans des formulations destinées au soin et à la protection de la peau.

Dans l’ensemble, les résultats obtenus soutiennent l’intérêt des eaux thermales du territoire CARUSO comme ressources naturelles à potentiel dermocosmétique. Leur composition minérale, associée à leur capacité à moduler des processus liés à la dégradation du collagène et à l’équilibre cutané, ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de produits cosmétiques naturels, durables et liés au patrimoine thermal du territoire transfrontalier. Ces avancées contribuent à l’objectif du projet CARUSO de revaloriser les ressources thermales des Pyrénées et de la vallée de l’Èbre à travers la recherche appliquée, l’innovation et le transfert vers le secteur cosmétique.

10 mai 2026

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